- Ce qui change, en un coup d'œil
- Les 7 réflexes à changer
- Un exemple complet : le bilan de campagne
- Ce qui ne change pas
- Réapprendre, pas repartir de zéro
Si vous avez un prompt fétiche qui commence par « Tu es un expert en… » et se termine par « réfléchis étape par étape », vous êtes au bon endroit.
Parce qu’avec Claude Opus 5.5, sorti en septembre 2026, une bonne partie de ce prompt ne sert plus à rien.
Le modèle a en effet changé de comportement : il réfléchit seul avant de répondre, il lit beaucoup mieux les images et il sait aller chercher l'information dans vos outils.
Anthropic, l'éditeur de Claude, a d'ailleurs publié un guide pour expliquer comment lui parler, mais ce guide est écrit pour les développeurs, si bien qu'on l'a relu avec des yeux de marketeur pour en tirer 7 réflexes à changer, avec à chaque fois la phrase à copier.
Une bonne nouvelle avant de commencer : vos anciens prompts continuent de marcher et l'idée est donc de les alléger plutôt que de tout jeter.
Le fil conducteur est assez simple : Opus 5.5 a moins besoin qu'on lui explique comment penser mais davantage qu'on lui dise clairement ce qu'on attend de lui.
Opus 5.5 réfléchit avant chaque réponse sans qu'on ait besoin de le lui demander, ce qui fait que lui écrire « réfléchis bien avant de répondre » ne change presque rien. Anthropic l'a d'ailleurs testé dans des produits de chat : sans ces phrases, les réponses démarrent plus vite et la qualité ne baisse pas de façon visible.
Ce qui compte maintenant, c'est le niveau d'effort. Dans Claude, cliquez sur le nom du modèle à côté du bouton d'envoi, puis sur « Effort », où vous trouverez cinq niveaux : Faible, Moyen, Élevé, Extra et Max. Plus le niveau est haut, plus Claude réfléchit longtemps, ce qui donne des réponses plus approfondies mais aussi plus lentes à arriver, et qui consomment plus vite vos limites d'utilisation (le niveau Max en consomme d'ailleurs au moins quatre fois plus).

Anthropic conseille de commencer par le niveau Moyen (Medium) avec Opus 5.5, puisque d'après ses tests, ce niveau fait aussi bien que le modèle précédent réglé sur un effort élevé (High). Voici notre repère pour le marketing :
Côté prompt, on remplace simplement la consigne de réflexion par une demande précise.
Avant :
Après :
Claude peut être connecté à vos outils (boîte mail, Drive, tableur, CRM), et Opus 5.5 a tendance à se mettre au travail très vite, parfois même trop vite, au point de passer à côté d'un document utile que vous n'aviez pas pensé à citer.
La parade tient en une phrase, adaptée du guide d'Anthropic :
Dans les tests d'Anthropic, cette consigne a permis de réussir nettement plus de tâches qui passent par plusieurs applications, avec pour seule contrepartie un temps de travail un peu plus long.
Une précaution tout de même : Claude lira tout ce qu'il trouve, donc évitez de lui ouvrir des dossiers où traînent des contenus dont vous ne connaissez pas l'origine.
Sur une tâche longue, Opus 5.5 a une habitude assez particulière, qui consiste à s'arrêter en route pour faire le point : il résume ce qu'il a fait, annonce la suite, puis attend, ou bien il vous propose de continuer « si vous le souhaitez ». C'est poli, sauf que si vous étiez parti déjeuner entre-temps, rien n'a avancé.
Donnez-lui donc la ligne d'arrivée dès le départ :
La dernière phrase a son importance, parce que vous voulez qu'il aille au bout de la tâche sans pour autant supprimer un fichier ou envoyer un e-mail sans vous avoir demandé votre avis.
Quand vous collez un e-mail, une page web ou des avis clients dans votre message, Claude voit un seul bloc de texte, qu'il considère comme le vôtre. Si le texte collé contient une phrase du type « ignore les consignes précédentes », elle se mélange alors à vos propres demandes.
Opus 5.5 résiste plutôt bien à ce piège, à condition de savoir ce qui vient de vous et ce qui vient d'ailleurs. Pour le lui indiquer, encadrez le texte collé avec deux balises, autrement dit deux étiquettes qui marquent son début et sa fin :
Anthropic le précise bien, ce n'est pas une protection absolue mais c'est un bon réflexe à prendre, surtout quand Claude a accès à vos outils et peut agir.
Dans une conversation qui dure, Opus 5.5 a tendance à repenser à ses réponses précédentes avant de traiter votre nouvelle question, ce qui lui fait perdre du temps sans améliorer le résultat.
La consigne, là encore adaptée du guide d'Anthropic :
Elle est en revanche à éviter quand vous voulez justement qu'il se remette en question, par exemple sur une longue analyse ou sur un texte retravaillé en plusieurs passes. Et pour un nouveau sujet, le plus simple reste encore d'ouvrir une nouvelle conversation.
C'est sans doute le progrès le plus net : Opus 5.5 lit les graphiques, les schémas et les captures d'écran avec beaucoup plus de précision, au point que, selon Anthropic, il fait mieux à son niveau d'effort le plus bas que le modèle précédent à son niveau le plus haut.
Pour un marketeur, ça change concrètement le quotidien, puisqu'il n'est plus nécessaire de recopier les chiffres d'un tableau de bord. Il suffit d'envoyer la capture de votre rapport Meta Ads, de votre Search Console ou de la landing page d'un concurrent, puis de poser votre question.
Deux conseils pour que ça marche bien : envoyez l'image en bonne résolution et, pour un visuel très chargé, préférez plusieurs captures plus serrées à une seule image illisible.
Une idée d'usage, au passage : avant d'envoyer une présentation, donnez-lui les slides et le tableur source et demandez-lui de vérifier que chaque graphique correspond bien aux chiffres.
Demandez à Claude une landing page « moderne et épurée » et vous obtiendrez la même que tout le monde, avec un fond crème, des mots en italique dans les titres, des boutons arrondis et des sections numérotées 01, 02, 03.
« Évite le style IA » ne règle rien, parce que Claude se contente alors de remplacer un style par défaut par un autre. Ce qui marche, c'est de lui donner la liste précise :
Regardez ensuite ce qu'il a mis à la place, et allongez la liste si besoin. La même logique vaut d'ailleurs pour les textes, où vous pouvez lister les tournures que vous ne voulez plus lire, comme « Dans un monde où… », « incontournable » ou « véritable levier ».
Voici une demande qu'on voit souvent en formation, avant et après application de ces réflexes.
Avant :
Tu es un expert en marketing digital. Analyse ma campagne de septembre. Réfléchis étape par étape et sois très rigoureux.
Claude ne sait ni pour qui il écrit, ni où se trouvent les données, ni quand s'arrêter, si bien qu'il va décrire des chiffres puis vous demander ce que vous voulez en faire.
Après (effort réglé sur Moyen, capture du tableau de bord jointe) :
Prépare le bilan de notre campagne Meta de septembre pour le comité de direction de lundi. La direction doit décider si on reconduit le budget.
Avant de commencer, explore largement : ouvre le tableur de suivi, les e-mails échangés avec l'agence et le brief de départ dans le Drive, y compris ce que je ne cite pas.
Je joins la capture du tableau de bord Meta Ads. En cas d'écart avec le tableur, signale-le.
C'est terminé quand j'ai une synthèse d'une page : 3 constats, une recommandation (reconduire, ajuster ou arrêter) et les chiffres qui la justifient. N'utilise aucun chiffre absent de ces sources. Ne t'arrête pas pour me proposer de continuer : va jusqu'au bout.
La consigne de réflexion et le rôle d'expert ont disparu et à la place Claude sait à quoi sert le bilan, où chercher l'information et à quoi doit ressembler le résultat final.
Ces 7 réflexes s'ajoutent aux bases sans les remplacer. Anthropic l'écrit d'ailleurs dans son guide : les bonnes pratiques des modèles précédents restent valables et vos prompts existants devraient bien fonctionner tels quels.
Un bon prompt dit toujours ce que vous voulez recevoir, pour qui et sous quelle forme et donner un exemple de texte que vous aimez reste le moyen le plus rapide d'obtenir le bon ton.
Cette méthode, on la détaille pas à pas dans Prompt engineering : maîtriser l'IA en marketing, et si vous cherchez des prompts prêts à l'emploi, vous pouvez piocher dans nos 22 prompts marketing pour ChatGPT et Claude.
Avec Opus 5.5, on écrit moins de consignes sur la façon de penser et davantage de précisions sur ce qu'on attend, ce qui revient concrètement à remplacer les « réfléchis bien » par des « voilà la ligne d'arrivée ».
Pour vous y mettre, prenez votre prompt le plus utilisé, retirez les phrases qui demandent à Claude de réfléchir, ajoutez un critère de fin, puis comparez les deux réponses.
Une chose ne bouge pas pour autant : c'est toujours vous qui relisez et qui décidez si le résultat est bon.
Le prompting est au programme dès la première semaine de la formation IA Générative pour le Marketing de Mantra, qui dure 3 semaines, se suit avec un formateur et débouche sur une certification reconnue (RS6776). Vous y travaillez sur vos propres cas.
Non. Selon Anthropic, les prompts écrits pour le modèle précédent fonctionnent bien sans modification. Commencez plutôt par alléger ceux que vous utilisez le plus, en retirant les consignes de réflexion et en ajoutant un critère de fin.
Plus avec Opus 5.5, puisque le modèle réfléchit déjà avant de répondre. Pour qu'il réfléchisse plus ou moins longtemps, c'est le niveau d'effort qu'il faut changer.
Moyen suffit pour la grande majorité des tâches marketing, et vous pouvez passer à Élevé pour une stratégie ou une synthèse de plusieurs gros documents. Si une réponse vous déçoit, essayez un niveau au-dessus avant de vous lancer dans la réécriture de votre prompt.
Ils viennent du guide d'Anthropic et ont été testés sur Claude, mais les principes généraux se transposent assez bien, qu'il s'agisse de donner un critère de fin, de montrer une capture ou de nommer ce qu'on refuse. Les réglages, en revanche, sont propres à chaque outil. Pour choisir entre les deux, lisez ChatGPT vs Claude : quelle IA choisir pour le marketing.